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"Nosfell", avec deux "L", comme l'oiseau...
Un oiseau de nuit, mais pas de l'espèce que l'on a coutume de croiser dans les rues de nos villes jusqu'au lever du soleil. Si le sommeil le déserte souvent c'est pour mieux lui rappeler d'où il vient, et lui donner envie de transformer l'idée la plus infime en un rêve éblouissant.
"Mon moi diurne est celui qui refoule celui que je suis sur scène. Mon moi nocturne est celui qui tente de les réconcilier..."
Derrière cette curieuse affirmation se cache toute la profondeur, tout le paradoxe, et toute la richesse d’un artiste dont les blessures intimes forment le terreau d'une création sans compromis.
Enfant, Nosfell se construit dans un univers où violence et fantasmatique se côtoient. C’est son père, personnage tourmenté et haut en couleurs, qui pose les bases d'un langage inventé, que l'on retrouve éparpillé dans l'oeuvre du chanteur prolifique.
Nosfell pratique dès lors la notation des rêves. Pour lui "ils sont une essence dont les réserves sont inépuisables."
L'expression du rêve navigue dans l'étendue de sa voix, aussi extensible que les voies du sommeil paradoxal; aussi profonde que le maelström des fièvres nocturnes.
Chaque chanson de Nosfell est un songe ouvert à celui qui l'écoute.


EXPRESSIONS LIBRES

Artiste complet – chanteur, auteur, compositeur, interprète, danseur – Nosfell propose dès ses débuts une œuvre globale et ambitieuse. Il conçoit ses 3 premiers albums comme un triptyque qui respecte une symétrie parfaite : chaque opus contenant le même nombre de titres. Avec Pomaïe Klokochazia balek (2004), comprendre « Bienvenue en Klokochazia », Nosfell plante son décor unique et fantastique. Déjà il impose une forme de syncrétisme qui restera sa marque de fabrique : mélange des langues, des genres, pour n’en former plus qu’un, le sien. Dans Kälin Bla Lemsnit Dünfel Labyanit ("Le chien te mordra, le renard t'épargnera") (2006), il présente son personnage, Labyala Fela Da Jawid Fel dit Nosfell, ce double qui lui permet d’être et de disparaître en même temps. Le troisième et dernier album du cycle, Nosfell (2009), est le plus rugueux et le plus méandreux. Intégralement interprété dans sa langue inventée, l’artiste évoque une guerre imaginaire, jusqu’à son Champs de l’horreur (Avaden Lis).
Egalement en 2009, Nosfell compose Le lac aux vélies. Fantaisie lyrique pour 36 musiciens et 7 voix, cette œuvre résoud l'équation narrative qui parcourt son triptyque; une manière de clore une période artistique.

Son attirance pour la danse et sa réflexion autour du corps guident Nosfell vers le spectacle vivant. Il devient le compositeur et performer indissociable des deux dernières grandes mises en scène de la Compagnie DCA-Philippe Decouflé, Octopus (2011) et Contact (2015). Si le chanteur danse depuis toujours sur scène, c’est aussi parce que le rapport au corps est pour lui central : la carte de son pays imaginaire est tatouée sur son dos et il pense son corps et sa voix, comme faisant partie intégrante de son travail. L’artiste existe-t-il par son œuvre ou doit-il s’effacer derrière elle ? Être ou disparaître : la question le taraude et l’exhorte à explorer de nouvelles contrées.
Amour Massif (2014), le disque qu’il qualifie de "sas de décompression", est comme un album photos de personnages qui posent au moment précis où ils ont décidé que leur vie allait changer. Cet album est le découpage d'une vie sans masque, la voix d'une terre en friche.


ECHO ZULU: SUR L'INTIME

Amour Massif annonçait un changement, Echo Zulu le confirme et prolonge une nouvelle période. Nosfell dévoile ici ses obsessions et exprime le désir d’être "intime sans être impudique".

A l’origine, pensé comme un double album concept, Nosfell a pris le temps de recentrer sa proposition, en élaguant ses envolées baroques et en cherchant une composition plus directe. Car c’est une adresse aux gens qu’il aime, un hommage à ceux qui l’aiment. A défaut d'un double album, Nosfell obtient l'album double qu'il avait en lui, gravé à l'eau-forte sur le miroir sans tain de ses rêves.

La guitare, pourtant omni-présente dans l'ensemble de son répertoire, a presque disparu, pour laisser la place à des orchestrations dénudées et basées exclusivement sur des rythmiques très variées d'une chanson à l'autre. Nosfell ne joue que de la guitare baryton à quatre cordes, ancrée dans le grave et accordée comme un violoncelle. Les arrangements de Frédéric Gastard trouvent leurs couleurs dans une collection de synthétiseurs des années 70 - chaleureux et imprévisibles tant ils sont fragiles et d'un autre âge - triés sur le volet par Emiliano Turi, qui signe la réalisation de l'album et s'emploie même à en jouer les parties de batterie.
Chaque chanson possède son propre rythme, comme un mantra lumineux caressant une noirceur omniprésente, dans les textes ou les harmonies tendues.

Enfin, l’album est construit selon une symétrie parfaite : 5 titres en français, 5 titres en anglais et 1 titre bilingue, Ricochets. Ricochets symbolise la dualité obsédante de Nosfell. S’adresse-t-il à son double dont il doute, à son sur-moi – Chacun de tes désirs me coûte, You always make me feel sorry – ou se love-t-il dans une histoire d’amour dont nul ne connait l’issue – Ce soir le sort en est jeté ? Est-ce parce qu’il est multiple, mobile, foisonnant que Nosfell affectionne tant l’équilibre et la symétrie ? Ou bien tout simplement faut-il y voir la promesse d’une écriture inchangée alors que le vocabulaire est toujours si différent d'un disque à l'autre? Car Nosfell revendique son parcours protéiforme, sa capacité à (se) surprendre. Il ne peut capitaliser sur ses travaux précédents tant il est en recherche permanente. Recherche harmonique. Recherche vocale. Recherche de lui-même. « J'écris de la musique pour apprendre à être une meilleure personne », dit-il. C’est ainsi qu’il questionne à sa manière le genre : il est un garçon qui chante dans les aigus, il mélange les langues, il façonne son corps pour l’affranchir de toute appartenance et s’offrir le luxe de pouvoir être et créer comme il le veut, comme il le peut.